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CINQUANTIÈME ANNIVERSAIRE
Extrait du discours de Madame Schelfaut-Dupont Andrée, marraine du peloton (21 août 1999) :
« ... D'après certaines chroniques, la Saint-Roch remonte aux environs de 1635. A cette époque, une épidémie de peste ravageait la région; pris de panique, les Bourquis se tournèrent vers Saint-Roch en le priant d'épargner le village. Il est établi que si la maladie atteignit la localité, peu de Bourquis en furent frappés. En reconnaissance, ils organisèrent une procession annuelle.
D'autres disent que l'origine de la marche remonte plus haut dans le temps, mais que le fléau de la peste aurait eu pour conséquence de donner un regain de popularité à la dévotion à Saint-Roch et de rendre vie à la procession abandonnée quelques années auparavant.
Chaque année donc, la procession réunissait de nombreux pèlerins accourus de tous les coins de la région. Pour le clergé, c'était l'occasion d'honorer le protecteur du village mais aussi de sortir le trésor de l'Eglise. Les temps étant incertains, dans toute la Principauté de Liège dont nous faisions partie, le Prince Evêque invita les autorités locales à assurer l'ordre général à l'occasion des processions de manière à empêcher le brigandage.
Pour cela, il préconisait la création de milices rurales. Comme des pièces de grande valeur sortaient chaque été lors de la Saint-Roch, et qu'en plus, les pèlerins n'étaient pas armés, l'escorte militaire de la marche fit son apparition.
Dotée d'une escorte de gens armés dès le 17ème siècle, la Marche-Procession devait continuer à être défendue, alors que la situation n'exigeait plus une semblable précaution, par des troupes qui, après la chute de 1'Empire, revêtirent les brillants uniformes de la Grande Armée. On sait que 175 000 belges se battirent pour Napoléon. Nombre de vétérans conservèrent leurs uniformes et les endossaient entr'autres lors de festivités.
La population ayant pris l'habitude et le goût des grands déploiements, des salves, des roulements de tambours, du pas scandé des marcheurs, la tradition inaugurée par les anciens soldats de l'Empereur, perdura à travers le temps. Et les Sapeurs sont cités très tôt avec les Hussards, les Grenadiers et les Canonniers comme accompagnant les processions.
Car, bien avant l'épopée napoléonienne, c'est le fameux Maréchal de Vauban, innovateur génial dans l'art de défendre et d'assiéger les places fortes, qui réclama la formation de la 1ère Compagnie de sapeurs dès 1668. D'abord appelés « porte outils » ensuite « soldat porte hache », on en comptait 10 dans chaque compagnie de Grenadiers.
Dans les différentes campagnes menées par la France, contre l'Autriche entr'autres, en 1747, fut prouvée la nécessité d'avoir sous la main des spécialistes capables de frayer à l'infanterie un chemin à travers les obstacles dressés par l'ennemi. II y eut des Sapeurs charpentiers, aussi des sapeurs tireurs qui, en avant garde, protégeaient les travailleurs. C'était les « Compagnies du Génie » des régiments actuels et chaque peloton possédait son groupe de Sapeurs.
En 1767, les Sapeurs furent autorisés à porter une coiffure particulière, sorte de bonnet à poils de Grenadiers dépourvus de plaque et moins hauts. Mais l'élément le plus typique était le long tablier de peau qui pouvait se retrousser au moyen d'une agrafe. Les sapeurs n'ont d'abord existé qu'en temps de guerre mais, en 1780, on décida de les maintenir en temps de paix. D'abord de cuir noir, le tablier était devenu blanc et les manches de la veste portaient un insigne particulier formé de 2 haches en sautoir.
D'après des extraits de journaux que l'on a retrouvés, parlant de la Marche-Procession Saint-Roch en 1861, il était fait état de son grand succès ainsi que du nombre impressionnant de pèlerins. On ne manque pas, dans ces articles, de citer chaque fois les Sapeurs et, en 1904, on les décrit comme suit : « La Compagnie des célèbres Sapeurs aux barbes imposantes ouvrait le cortège ». Un autre chroniqueur écrira plus tard, en 1959 : « Voici d'abord la remarquable Compagnie des Sapeurs portant fièrement la hache ». Ceci pour prouver que depuis très, très longtemps, les Sapeurs étaient présents. C'est leur peloton qui est le plus ancien de la Marche Saint-Roch, d'autres compagnies se sont créées comme les Poilus, les Zouaves, etc., mais ils n'ont pas tenu longtemps tandis que les Sapeurs ont fidèlement participé depuis de nombreuses décennies à notre belle Marche.
Et nous sommes arrivés ainsi, à l'époque plus récente de la renaissance de la marche après la seconde guerre mondiale car, au cours des siècles, les marches n'ont été interrompues que pendant les guerres. C'est à partir de cette date que 50 années de prestations sans interruption ont permis à notre peloton de Vrais Sapeurs d'accéder au titre de Compagnie Royale. Ils en sont fiers et nous aussi ! Au fond, pourquoi les "Vrais Sapeurs", nous connaissons l'esprit frondeur des Bourquis, c'est simplement pour se distinguer des autres pelotons de Sapeurs ! ... »
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Les Sapeurs :
Soldats du génie : on les appelle aussi « Sapeurs-ouvriers d'art ». Ils marchaient en tête du régiment ; ils étaient chargés de frayer le chemin aux troupes. Les divers travaux nécessaires lors des campagnes leur étaient confiés. Leur équipement et leur armement ont fortement évolué depuis leur création : le tablier à dentelle garni de floches tricolores a remplacé le tablier de cuir ; la hache de parade a remplacé la longue et lourde hache d'une hauteur totale d'un mètre ; le pantalon bleu a fait place au pantalon blanc.
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Article de presse « La Nouvelle Gazette » (1999) :
« ... Jeudi dernier, le Gouverneur provincial Michel Tromont a remis les brevets accordant à trois groupements hennuyers le titre de Société royale. Outre l'Entente Colombophile du Tournaisis et la Chambre Inter-professionnelle de la Construction de Mouscron-Comines, la compagnie « Les Vrais Sapeurs » d'Ham-sur-Heure a été ainsi distinguée.
Cinquante ans :
La marche folklorique d'Ham-sur-Heure perdure depuis 1638, c'est pourquoi il est difficile de situer la date exacte de la fondation du groupe des sapeurs. On peut cependant affirmer de mémoire plus récente qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale, après 5 années de frustration et de souffrance, le folklore a été remis à l'honneur et l'on a décidé de « remarcher » à Saint-Roch.
La société des Sapeurs a, en fait, été constituée le 4 septembre I949. A l'époque, le soldat Louis Kirkels , tailleur de métier, était sollicité pour confectionner les nouveaux uniformes et c'est à la Saint-Roch de 1950 que « Les Vrais Sapeurs d'Ham-sur-Heure » ont défilé avec des costumes flambant neuf. Ils portaient des tabliers blancs en toile avec cocardes rouges pour le dimanche, roses pour le lundi et des gants blancs en coton. Aujourd'hui, seul Zéphir Herbecq, le tout premier secrétaire, est encore en vie et peut rappeler les premiers pas de la troupe cinquantenaire.
En 1957, lors de la remise en question du comité de la marche Saint-Roch (les membres étant trop âgés pour poursuivre leurs activités), et sur l'initiative de Madame la Comtesse d'Oultremont, on a reconstitué un comité. La Comtesse, marraine du peloton, devait, alors, convoquer une délégation de sapeurs afin de leur offrir un magnifique drapeau avec l'aigle et le sabre pour premier officier porte-drapeau. Quelques années plus tard, elle leur offrait aussi la « masse ». Pendant, ce temps, une garde au drapeau, composée de 8 sapeurs avec fusil, avait été formée pour protéger le précieux cadeau.
Le groupe de Sapeurs est le plus ancien peloton de la marche Saint-Roch d'Ham-sur-Heure. Différentes transformations dans l'uniforme se succéderont encore jusqu'à ce jour (Guêtres en toile ; Tablier et gants de cuir ; Ceinturon et giberne). A l'heure actuelle, ils sont entre 50 et 70 hommes à participer chaque année aux festivités de la Marche. Ils ont aussi fait quelques déplacements remarquables: à la marche St Valère à Onhaye, à Jemappe, au gala du folklore wallon au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, aux fêtes de Wallonie, à Amsterdam...
Dans la légende :
Pour marquer ces 50 ans d'histoire, la société des « Vrais Sapeurs » d'Ham-sur-Heure vient de recevoir le plus grand honneur qu'il soit pour un groupe de marcheurs, elle a obtenu le titre de « Compagnie Royale ». Après des mois de démarches laborieuses, elle vient, ainsi, d'être félicitée au plus haut degré. Il faut savoir, que hormis la Fanfare Royale d'Ham-sur-Heure, la compagnie des « Vrais Sapeurs » est la première du peloton à revoir ce grade. A ce sujet, monsieur Bernard Schepens, le président de la compagnie, tient à remercier la marraine de la société, Madame Schelfaut-Dupont, qui a fait le premier pas ainsi que le Bourgmestre, monsieur Roulin-Dorvillez, et monsieur Nicaise, l'Echevin de la Culture, qui a confectionné un dossier plus que complet pour le cabinet du roi.
Pour commémorer ce glorieux anniversaire, les « Vrais Sapeurs » auront la fierté de sortir Saint-Roch au mois d'août. Ils organiseront, aussi, plusieurs activités dont, notamment, une exposition de photos le samedi de la marche, une réception avec remise de médailles et un concert de musiques napoléoniennes. Mme Schelfaut-Dupont offrira, de plus, un colback et un plumet au Sergent-Sapeurs. ... »
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